Malemlemy

La journée Sert-à-Rien

Comment passer une journée Sert-A-Rien ?

La recette, c'est de te faire enlever une verrue de manière artisanale la veille. Ainsi tu ne dormiras pas de la nuit parce que le truc qu'il a appliqué dessus, au bout de 4 ou 5 heures de bonheur (ouaaaaais j'ai même pas eu mal!!) il commence à te faire un mal de chien.
Donc la nuit, pendant que l'amoureux dort, toi tu pleurniches parce que pas possible de dormir, j'ai un être malfaisant qui fait imploser mon gros orteil...
En désespoir de cause, vers 4h, tu supplies l'amoureux de te faire quelque chose "amputes moi, trouve moi un bédo, dla morphine jc pas steuplé aide mooooooi" (ben oui, en plus de tous tes défauts, t'es douillette) qui te fait un massage au voltarène (merci l'entorse du genou) et ainsi tu dors... jusqu'à 11h30.
On a parlé de journée Sert-A-Rien ?
Tu allumes donc M6 et mates Fan 2, tu ne connais pas la moitié des gens dont ils parlent mais ça passe le temps.
15h ? T'es encore un pyjama.
16h ? Tu envisages de commencer le rapport de stage, mais journée Sert-A-Rien oblige, t'as pas le courage, tu fais de la me**de, donc tu joues distraitement aux échecs sur ton nouveau PC et te fait laminer par l'ordi.
T'en a marre là ? Tu te dis, eh merde, j'essaye de mettre des chaussures, je veux sortir d'ici, en plus y'a plus de riz et demain tout sera fermé !!!
Euh... ça fait un chouia mal, tu regardes ton pied et tu en oublies ton envie de sortir quand tu constates le trou que tu as dans le gros orteil.
Là, il est 5h et t'en a ras-le-bol.

Ce que je te conseille, c'est donc un café bien noir et de bosser ton code, feignasse, tu crois vraiment que tu vas l'avoir comme ça ?

Waw, ma vie est tout à fait passionnante.

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Retour de Normandie

Me voilà de retour de mes micro-vacances de 4 jours...

Comme je vous l'ai déjà dit, avec ma mère et ma soeur on est parties au Havre. Je voulais faire plaisir à mes grands parents, d'autant que ma grand-mère c'est jamais la super forme, et qu'elle va se faire opérer de la hanche bientot. Bref. Sauf qu'en fait, l'ambiance là bas est spéciale. Je dirais tendue, mais alors tendue comme un string.
Là bas, chaque sujet de discussion devient prétexte à engueulades. Et là, surprise, même sur les (rares) points où je savais qu'on était en accord (exemple : le marketing pousse les gens à une consommation pas forcément nécessaire), on a réussi à se friter. Les repas, c'était des champs minés. Ma soeur a choisi sa tactique : le silence. Ma mère et moi, ça nous gêne (bavardes!) donc on essaye, mais bon, jamais bien longtemps avant que ça n'explose.
Quand je pense que ma mère a grandi dans cet environnement, je dis : Respect.
Enfin bref, tellement déroutant que j'ai pris mon train retour pour le jeudi, et que j'en ai oublié de le leur dire.

Hier donc, je m'extirpe du guet-apens (ça s'écrit comme ça?) et j'arrive tranquillou à 4h ici, le temps d'aller me faire épiler et tout et tout...
Aujourd'hui, programme de dingue qui m'attendait : régler les problèmes médicaux, faire mes comptes, faire le ménage, faire les courses et tout et tout...
J'ai pas mal carburé, je suis fière de moi. J'ai réussi à repasser mes fringues sans piquer une crise de nerfs, j'ai réglé le problème de ma verrue plantaire (mais là j'ai mâââl), j'ai pris un rendez-vous avec un pneumologue pour comprendre pourquoi je crache mes poumons (voire même pour guérir), j'ai même lavé mon frigo et passé la serpillère... Mais bon, après, je dois avouer que la douleur au peton (qui m'empêche de mettre des chaussures, ce qui est ennuyeux) m'a complètement dissuadé d'aller faire une heure de code. Je me promets à moi-même que j'irais demain, comme ça je pourrais aussi évoquer avec le monsieur la possibilité de commencer la conduite.
Sachant que je dois absolument avoir le permis avant Noel, ça serait pitet bien que je m'y remette parce que j'ai pas conduit depuis 2 ans (époque à laquelle j'avais quelque peu "acheté" un permis malgache... mais attention, je savais déjà presque conduire, je suis pas folle, hey oh) et ça me motivera peut-être un chouia plus que ces questions de code moisies. Rien qu'être dans la salle mes yeux se ferment d'ennui.

Voila, sinon, autre source d'emm**dement maximal, les gens injoignables. Il est déjà suffisamment rare que je me motive, que je me réveille en me disant : "je vais boucler tous les dossiers chiants aujourd'hui, place à Sarah", si en plus les personnes à contacter pour tel ou tel truc se révèlent injoignables CE JOUR-LA, ça devient grave bé.
D'où le fait que je n'ai accompli que 50% des missions de la journée, mais bon, pas grave, c'est la faute à mon pied.
De toutes façons il me reste une dizaine de jours de vacances, y'a pas le feu au lac, dans mes bonnes résolutions de rentrée, faudrait que je note de devenir zen.

Sur ce, je vous laisse pour une saine lecture de Isa. Parmi les mag faminins, celui là est celui qui coute le moins cher et qui est le moins bête. Tout en restant très con, je suis bien d'accord.

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One night @thecallcenter

Oui oui, je me suis momentanément absentée, pour cause de vacances en famille, mon stage est fini et de voir mes pauvres stats avec mes 6 ou 7 visiteurs quotidiens commençait à me plomber le moral.
Mais là, je me dois de revenir avec la page culture du jour!

Je viens de lire One night at the call center, de Chetan Baghat. Et ce livre est très bien.

Une nuit @thecallcenter
 


A la base c'est un livre que Maman voulait offrir à Papa il y a de cela plus d'un an, et on a profité de mon stage pour mettre la main dessus.
De quoi ça parle ?
Vite fait, ça parle de six personnes employées d'un call center en Inde (comme 300 000 de leurs compatriotes soit-dit en passant) qui, lors d'une nuit très spéciale, reçoivent un coup de fil très particulier. Plus précisément un coup de fil de Dieu (oui oui)
Alors dans ces six là, tu as l'agent Sam, de son vrai nom Shyam, qui essaye d'oublier son ex-copine, Priyanka, assise juste en face de lui toutes les nuits, tu as Esha qui tente par tous les moyens de percer dans le mannequinat, et Vroom, le passionné de motos qui en pince pour Esha. Et puis aussi Radhika, jeune mariée qui subit ses beaux-parents au quotidien et enfin Tonton Garde-à-vous, retraité de l'armée qui bosse ici pour arrondir ses fins de mois depuis que son fils et sa belle-fille l'ont jeté.
Et ça peut sembler cul-cul comme ça, mais en fin de compte, Chetan Baghat parle dans ce livre d'une jeunesse indienne désorientée, parce que diplômée, passant son temps à répondre à des appels de vrais nunuches américains, une génération frustrée, parce qu'en faisant ça elle gagne le double de ce qu'elle gagnerait autrement, mais toujours 10 fois moins qu'un serveur de fast-food aux Etats-Unis.
Finalement, sous ses dehors de livre comique, et ça l'est, il s'agit d'un portrait (apparemment) assez fidèle de la jeunesse indienne.
Pas étonnant que l'auteur soit devenu en deux livres l'icone de la jeunesse indienne (l'autre livre c'est Five Point Someone, et ça se passe dans les IIT (indian institute of technology))

Ce livre m'a beaucoup ému, peut-être parce que je suis un peu toujours en quête de mon identité, toujours à me demander qui je suis et d'où je viens. De lointains ancêtres en Inde oui, mais ce pays, je ne le connais pas. Je n'en ai qu'une vision faussée : films de Bollywood, reportages sur la misère ambiante, problèmes géopolitiques aux infos...
Ce livre, ce qu'il apporte, c'est encore une vision de plus : des jeunes de la classe moyenne, dont je pourrais faire partie, qui font tout pour trouver ce qu'ils sont.
Finalement, quand j'irais, je trouverais peut-être un mélange de toutes ces visions différentes, et je saurai alors d'où je viens.

 

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Je lis, moi aussi !!

De voir tous ces clients qui achètent des bouquins, de suivre quotidiennement les ventes dans les différents rayons... ça me donne une envie de lire pas croyable !!

Depuis le début de l'été, déjà lu :

La Vérité sur Lorin Jones, d'Alison Lurie : je n'ai pas DU TOUT aimé. Ce livre est censé être merveilleux, pourquoi il ne m'a fait aucun effet ? C'est apparemment un livre drôle, engagé... J'ai dû le lire de façon trop distraite : le comique de la situation m'a échappé. Et je me suis bien ennuyée.

Léviathan, de Paul Auster : Alors là, j'ai trop aimé !!! D'ailleurs je vous en avais parlé dans un billet...

Tout ce que j'aimais, de Siri Hustvedt : Là aussi j'ai juste adoré. Je n'ai rien écrit dessus, et j'ai eu TORT. C'est assez difficile de dire l'émotion que procure ce livre. Le plus dingue, c'est que j'ai galéré pour rentrer dans l'histoire. Au début j'ai trouvé le livre prétentieux : étant donné qu'il est question de deux couples d'artistes, il y a pas mal de descriptions des tableaux de Bill, un des héros. Et puis pas mal de références à des artistes que je connais pas et au début ça m'ennuyait.
Et puis d'un coup, l'histoire s'est emballée. Et je n'ai plus pu le lâcher. L'intrigue est géniale, l'écriture est sublime, j'en ai presque oublié de quoi parlait Léviathan. Juste pour vous donner une petite envie de le lire, je vous résume la situation vite fait : il s'agit de deux couples qui ont eu des enfants, qui baignent dans le bonheur et puis un jour... Et puis y'a une héroïne, Violet, ben c'est un peu la fille que nous les filles on voudrait toutes être, et vous les garçons, vous voudriez tous connaître (bien connaître même).

Persépolis, de Marjane Satrapi : Je l'ai lu après avoir vu le film. La BD est beaucoup mieux que le film, qui était déjà génial, entre nous soit-dit. Beaucoup de scènes ont été tronquées pour le film, et cela lui a fait perdre du sens. La BD est vraiment émouvante et drole aussi, et ça m'a donné envie de connaître mieux Marjane Satrapi, elle est vraiment admirable, cette femme.

Le combat ordinaire, de Manu Larcenet : Je n'étais pas très BD, mais de travailler dans ce rayon m'a donné envie de me cultiver un peu, niveau BD. Déjà j'en avais bien besoin sur un plan professionnel, mais même d'un point de vue personnel, il y a vraiment de bonnes BD à découvrir. Et notamment celle-là. C'est l'histoire d'un photographe névrosé qui quitte la ville et son psy pour trouver plus de sérénité à la campagne. Difficile de résumer autrement, par contre, ce qui est exceptionnel c'est, d'une part, de traiter de sujets graves tout en faisant rire, et d'autre part les dessins de Larcenet qui sont géniaux. Lisez-la ! C'est une série en 4 volumes, les 3 premiers sont parus, et Larcenet vient de finir le dernier (jl'ai lu sur son blog)

99 francs, de Beigbeder : Ca faisait longtemps que je voulais le lire, à cause de la tite polémique et tout. Bon je ne l'ai pas encore terminé donc je ne peux pas trop juger mais je ne suis pas fan du tout. J'ai l'impression qu'il ne fait que répéter cent fois les mêmes choses. Je résume : les publicitaires se droguent, se font des pu*tes, toute vie est vaine, gna gna gna gna gna... Déjà je trouve le style assez plat, avec plein d'effets soi-disant littéraires, vraiment je n'aime pas; mais en plus je ne supporte pas sa façon de prendre le lecteur pour un co*n, et de considérer tout un chacun comme une cible publicitaire.
Par contre ça fait réfléchir, c'est pas mal.

Voilou un pti résumé de ma boulimie de lecture de cet été... Et encore, je ne vous fais pas la liste complète de ce que je compte lire (la suite du Combat Ordinaire, d'autres Auster, un bouquin intitulé Petit Cours d'Auto-Défense Intellectuelle, pour apprendre à se défendre contre les manipulations, notamment dans les médias, et puis plein plein de bouquins de litté étrangère, parce que j'aime ça !!!!)

 

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Blues

C'est fou comme certaines chansons vous téléportent direct à un moment du passé, c'est net, c'est précis, vous revoilà plusieurs années en arrière.
Je ne parle pas forcément des "grands moments" (si j'entends Trick Me, c'est toi que je revois direct avec ton sweet rouge et tes yeux verts waaaaaaaaou) (spéciale dédicace, faites pas gaffe, les autres), mais de plein de pitis moments qui te reviennent nettement quand tu entends une chanson.

Pas plus tard que tout à l'heure, je me balade dans la rue, Ipod branché dans mes noreilles, en mode lecture aléatoire. D'un coup, qu'entends-je ? Jumelles, de MC Solaar.
Direct, ça me téléporte exactement le 13 février 2004. Fou, non? C'est le jour des vacances, je suis en Terminale, on a décidé de sécher les cours de l'aprèm, glandouiller à Teenage Café. Julie m'avait dit que Fred l'intéressait.
Fred arrive à Teenage, il vient de recevoir le nouveau cd de MC Solaar, on écoute ensemble le CD et juste sur Jumelles, je lui dis qu'il doit absolument venir ce soir à la Plage s'il veut rencontrer son âme soeur (subtil!).
Et je me souviens aussi de manière frappante la soirée : Julie qui sort avec Fred : BINGO! Le retour dans l'arrière de son pick-up à hurler pour réveiller tout Tana à 5h du matin "Emmenez-moi" d'Aznavour. La tête fâchée de sa môman, inquiète, qui se calme en voyant le visage radieux de sa fille...
Me souviens de tout ça... en entendant "Jumelles".

Et puis ça déclenche aussi en moi des sentiments mitigés... Comme une nostalgie. Pas de tout, non. Je ne dis pas que tout est moins bien maintenant. En fait y'a quelque chose de mieux : y'a Akil (et encore heureux, paye ta dépression sans mon amoureux). Mais j'ai la nostalgie des plaisirs simples.
Est-ce l'âge ou le pays où je vis maintenant ?
Il y a 3 ans, j'étais insouciante (normal quand tu rentres confo chez tes parents, que t'as pas de compte en banque, donc pas de découvert, quand tu mets les pieds sous la table le soir et que ta carte de self est rechargée par magie par Maman), j'avais confiance en l'avenir, je me réveillais tous les jours avec un rayon de soleil, (maintenant c'est avec un petit coup de pluie sur mes volets) mon bonheur consistait à écouter de la musique et à chanter avec les zamis, à dessiner en cours et à caricaturer la Costasse (prof de philo honnie pour toujours), à planifier des soirées toutes les semaines, à rêver de changer le monde et passer des heures dans des débats qui finissaient en engueulades souvent mais qui me faisaient trop plaisir quand même.
Aujourd'hui, tout cela n'existe plus, et ça me manque. J'aimerais que le shopping ne soit pas aussi important, presque un sport ici. J'aimerais que mon compte en banque ne soit jamais à découvert. J'aimerais ne pas voir les gens raler pour des choses futiles à la télé, qu'ils se rendent compte de leur chance d'habiter ce pays, d'être si bien traités, d'avoir tant de bol, merde!J'aimerais pouvoir débattre aussi, comme avant. J'aimerais refaire le monde. Mais plus mes amies avec moi et c'est pas pareil d'être révolutionnaire toute seule.
Maintenant, je pense à quoi ? A gagner de l'argent ! A économiser !
Je me doute que c'est normal, j'ai juste grandi.
Mais je me sens complètement frustrée, je suis arrivée si loin de ma nature profonde que j'ai peur de me perdre dans ce monde.

 

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